Notes palmées

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Le Coin (coin) du Coin Coin

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juil 30

Fascination street

Il y a des fois où l'on se sent blasé. L'impression que rien ne peut plus surprendre notre pauvre petit cerveau aigri. Heureusement, il existe le spam.
Ce ravissant petit procédé, qui consiste à bourrer votre boîte aux lettres, fût-elle virtuelle, de publicité et d'annonces qui n'intéresseraient même pas le dernier des lombrics à figure humaine peut parfois faire naître un sourire.
Il y avait déjà le courriel rédigé dans une langue inconnue,, ou celui envoyé le 1er janvier 1970. Mais comme dirait un militaire cinéphile de mes connaissances, je ferai toujours pire.

Dont acte :

Hi, my gentleman

Single, nice, good-looking girl, never been married, no children, well
educated a carrier-minded looking for her love. I consider myself an
open-minded person. I am positive, confident, caring, loving and
understanding. I believe the way to have an everlasting and rewarding
relationship is trust, honesty and open communication. I am looking
for a nice guy who doesn't mind being spoilt once in a while. The man
I am seeking is someone who is attractive, intelligent, kind hearted
with a good sense of humor. If what you find here makes you thinking
than feel free to contact me and we will take it
from there [adresse supprimée pour le bien de l'humanité]

Waiting for your letter
Y.K.


Ah oui, j'oubliais l'objet :

Would you like to be my husband?‏

Une demande en mariage donc. Je me dois de répondre.

Ma très chère Yvonne (je me permets de supposer que le Y. signifie Yvonne),

Tu viens, de ta prose sémillante, de dresser, non mon membre viril, mais mon portrait le plus parfait. Cela me trouble énormément et me fait dire que tu me connais parfaitement.
Cette sensation pose déjà un important problème. Je ne connais pas de Yvonne, tu dois donc porter un faux nom. Tu es parfaitement fondée à me trouver quelque peu conservateur, mais cela m'incommode au plus haut point. J'ai pour habitude de ne pas m'engager dans des relations matrimoniales avec des personnes dont je ne connais pas le véritable patronyme.
En outre, il apparaît que tu as écrit à au moins deux autres personnes. Cela ne peut que signifier que tu souffres de problèmes de mémoire, ce qui risque là également de causer des difficultés dans notre relation. Je refuse en effet d'acheter une gourmette gravée à mon nom et de te l'offrir ensuite afin que tu puisses te rappeler mon doux prénom.
Pour ces raisons, je me dois de refuser ta proposition. N'hésite cependant pas à m'écrire, je suis toujours charmé de recevoir des courriels intéressants.

Bien à toi,

Ton canard dévoué



mai 11

Subliminal tendencies

L’âge et l’activité professionnelle, il est certaines choses que je ne fais plus que rarement. Parmi celles-ci figure le fait de s’endormir devant la télévision pour se réveiller à une heure indue, devant un programme des plus surprenants et commencer à regarder ledit programme alors que le cerveau n’est pas encore sorti de sa torpeur, à la merci des stimuli et messages de toute sorte. Que celui qui ne s’est jamais réveillé, effrayé par le générique d’Histoires naturelles me jette la première pierre.

 

Ce jeudi soir, vaincu par un sommeil irrépressible, je me suis retrouvé, aux alentours d’une heure du matin en train d’émerger, face au pictocube. Le reptilien ayant ordonné un rapide zapping, la main s’arrêta finalement sur Arte. J’ai donc regardé dans sa quasi-intégralité Frightmare, film d’horreur des années 70 tourné en Grande-Bretagne et traitant de cannibalisme.

 

Cette expérience peut sembler anodine (bien qu’étrange et étrangère au spectateur lambda du JT de TF1). Mais elle doit néanmoins être prise en considération. En effet, le fait de suivre un programme dans un état de conscience modifié (oui, on peut appeler le fait d’avoir la tête dans le fondement un état de conscience modifié) rend d’autant plus réceptif au thème charrié par le flot d’images. Cette sensibilité doit varier d’un individu à l’autre. Et pour ma part, je dois être lucide et me considérer comme très sensible au phénomène.

 

J’ai encore le souvenir de cette nuit durant mon adolescence, au cours de laquelle je me suis réveillé devant le clip des Rabbins Volants, Coin Coin. Cet événement peut sembler trivial, mais mis en parallèle avec mon obsession des palmipèdes, il y a sans doute matière à analyse.

 

Tout ça pour dire… 

 

Planquez vos miches, j’ai un petit creux.

avr 22

De l'art du jargon

Mes péripéties du jour m’auront éclairé sur le langage interne propre à ma structure, et ce en deux points.

En parcourant des documents d’information mis à disposition, j’ai pu lire l’expression « les ados(tes) ». Ainsi, en termes maison, si le terme « les ados » renvoie à la population mâle suppurante d’acné et n’ayant pas encore atteint l’âge adulte, son équivalent féminin pétri d’hormones est donc « les adotes ». Pour une fois, je ne peux que compatir à la douleur de mon correcteur d’orthographe made in Seattle qui me souligne d’un trait rageur cette expression inconnue.

J’ai également appris que le continuum espace-temps était plus que fluctuant sur mon lieu de travail. Une collègue de travail devait me voir « en début d’après-midi » pour que je mène à bien une tâche technique hautement périlleuse : modifier un document texte pour y intégrer de nouvelles informations, notamment un graphique. A l’heure de rédaction de cette courte note, soit 15 h 06, l’après-midi n’a apparemment pas encore débuté.

 

avr 20

Verdict

Ce lundi s’est ouvert aux Assises de Haute-Garonne le procès de Jacques Viguier. Je ne suis d’habitude pas du genre à suivre de très près l’actualité des prétoires, notamment en matière criminelle. Contrairement à certaines de mes camarades de faculté, je n’ai pas fait le pied de grue dès 7 heures du matin pour pouvoir entrer dans la salle d’audience où se tenait le procès Alègre (je suis persuadé qu’interrogées, elles diront que c’était pour leur cours de droit pénal). Pourtant je vais suivre d’une oreille lointaine mais attentive ce procès de ce professeur de droit dont l’épouse s’est volatilisée il y a maintenant près de 9 ans et qui est soupçonné de l’avoir proprement et promptement estourbi, avant de faire disparaître sa dépouille.

Au deuxième semestre de l’année 2002-2003, j’ai suivi le cours de Libertés publiques qu’il assurait. Et je dois reconnaître qu’il est le professeur le plus brillant que j’ai eu au cours de mes études supérieures. Même s’il devait avoir un plan de cours soigneusement tenu à jour dans son bureau, il était capable de dispenser son enseignement sans note, de l’interrompre à un certain point et de le reprendre à la virgule près la semaine suivante.

Après, pour certains, ce seul fait serait constitutif d’une intelligence supérieure donc machiavélique. Pour ma part, mis à part les indéniables qualités pédagogiques de l’homme et mis à part sa propension à se mettre en scène, que ce soit en amphithéâtre ou sur TF1, je trouve que le dossier reste bien maigre pour l’accusation. La belle-famille et l’amant sont persuadés de sa culpabilité, mais cela ne suffit pas. Il n’y a pas de corps, pas de témoin, pas d’aveu de culpabilité. Le mis en examen a rendu plausible son alibi du footing au moment de sa disparition, que ce soit en raison d’une pratique régulière de cette activité ou par une pratique intensive en maison d’arrêt. Pour l’instant, la culpabilité présumée ne repose que sur des présomptions, que Maître Catala aura beau jeu d’ébranler.

Rendez-vous dans 5 ou 6 ans après lecture du dispositif de l’arrêt de la chambre criminelle de la cour de cassation pour le résultat final.

avr 8

J’ai le D20 qui me démange…

Alors je le lance un petit peu. En fait, il serait ici plus question de D10. En effet, depuis quelques temps déjà, l’idée de me plonger dans le jeu de rôle Vampire, de White Wolf me trotte dans la tête. Ce week-end, j’ai pu mettre la main sur quelques ouvrages relatifs à Vampire the Requiem.

 

Ces ressources sont rédigées dans la langue de Shakespeare, ce qui permettra de remobiliser mes affinités avec cet idiome. Mais le fait de parcourir avec avidité (et moult retours en arrière) un livre des règles me renvoie quelques années en arrière, à l’époque où je parcourais longuement des livres dont vous êtes le héros. A cette même période, à la suite d’un cadeau fortuit, je pouvais jouer le Maître du Jeu pour mes camarades d’alors, mettant en scène des aventures de mon crû. Et oui, je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans (tout ça), d’un temps où Internet n’était pas disponible dans nos belles contrées, et qu’à moins d’aller débourser des espèces sonnantes, il fallait créer soi-même ses histoires. De quoi occuper quelques après-midi.

 

Si à l’époque, l’ambiance était totalement med-fan, avec elfes, trolls et épées, l’ambiance est ici résolument sombre et actuelle. Il est tout à fait possible de jouer Vampire dans un monde médiéval, mais l’implantation dans l’époque contemporaine me semble autrement plus intéressante. Prendre la réalité, l’assombrir et la peupler de créatures de la Nuit m’est autrement plus stimulant. Et si après une session, un joueur rentrant chez lui se prend à fixer un recoin sombre en imaginant comment son personnage inspecterait cet espace, cela signifiera que l’immersion n’aura pas été trop mauvaise.

 

Il va donc me falloir assimiler les règles, comprendre la logique de cet univers, acheter le matériel indispensable (en somme, les dés), simuler des phases de jeu, choisir le scénario (pour les premières séances, des histoires déjà toutes faites feront l’affaire) et dégoter des aventuriers téméraires. Aventuriers qui essuieront les plâtres et feront office de bêta-testeurs.

 

Ils en auront de la chance.

 

Avis aux amateurs.

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