Parce que parfois les mots sont dérisoires.
Vindictes nasillardes
Au cochon qui tousse
Par Alkayl le mardi, 28 avril 2009, 11:53
La ravissante épidémie qui commence à sévir aura au moins un avantage.
Celui de conduire les autorités à prendre les mesures qui s'imposent : mettre Christine Bravo et Arielle Dombasle en quarantaine.
Comme quoi, "always look on the bright side of life".
La République des faits divers
Par Alkayl le mardi, 14 avril 2009, 21:45
C’est étrange, lorsque j’ai choisi ce titre, j’étais persuadé de l’avoir piqué quelque part. Mon ami Google ne semble pas confirmer mon sentiment. Qu’importe.
Cela a beau être une habitude depuis quelques années, certaines « coïncidences » ne cessent de m’étonner. Le 13 avril, la petite Elise, enlevée à son père de manière musclée, est retrouvée à la frontière entre Hongrie et Ukraine, avec sa mère. Le 14 avril, Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille, annonce des mesures visant à limiter les problèmes de soustraction d’enfant, notamment en conditionnant la sortie du territoire ou l’obtention d’un passeport à la double signature des parents.
Je me garderai bien d’apposer un quelconque qualificatif aux côtés du nom de madame la secrétaire d’Etat, celle-ci ayant la fâcheuse habitude de poursuivre en justice ceux qui lui manquent de respect dans les méandres de la Toile. Il faudrait à tout hasard lui demander les sanctions à prendre à l’encontre d’un certain Patrick Devedjian, qui avait utilisé des termes assez déplacés à l’endroit d’Anne-Marie Comparini (pour mémoire).
Je me permets cependant de m’étonner de cette concordance temporelle qui tombe à pic : pas besoin de se lancer dans des explications fumeuses pour justifier l’utilité de son action, il suffit d’allumer TF1. Ça, c’est de la pédagogie par l’image.
Je souligne également d’une plume discrète que ces mesures risquent dans certains cas de se transformer en réel moyen de pression lors de séparations conflictuelles. Rendre nécessaire la double signature, c’est certes dans quelques centaines de cas rendre plus difficile une éventuelle soustraction d’enfant. Mais dans d’autres cas, c’est également prendre le risque de faire supporter aux enfants les conflits de leurs parents, et les priver de certaines sorties hors du territoire (comme des voyages scolaires) qui auraient été décidées, aux yeux de l’ex-conjoint, de manière unilatérale.
Mais bon, je suis un oiseau de mauvaise augure, seul l’intérêt de l’enfant est écouté dans ce genre de situation.
* cri de Nelson */2 C 3,141
Par Alkayl le vendredi, 10 avril 2009, 15:11
Un titre de note en charade, il fallait le faire. Donc voilà : il va être ici question de la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet (HADOPI) et de la loi « création et Internet » dans son ensemble. Celle-ci a subi un revers cinglant, mais finira bien par être adoptée.
La volonté affichée par ce texte est certes louable. En tant que sale gauchiste, je ne peux que respecter la valeur travail. Tout travail mérite salaire, la question de la juste rétribution permettant la reproduction de la valeur travail, tout ça. Ces préceptes, hérités de l’inventeur de la barre chocolatée communiste (1 Marx et ça repart, oui, j’ai osé) ne me posent pas problème.
En revanche, le vecteur mis en exergue est sujet à discussion. Et prête sérieusement à la critique. Au lieu de s’interroger sur le modèle économique appliqué à la création, voulant que dans la majorité des cas ce soient les distributeurs qui empochent la plus grosse part du produit des ventes, on se jette avec zèle sur l’aspect technique. En effet, le WorldWide Web permet la circulation de l’information à grande échelle et il en va de même pour les fichiers multimédia. Internet est donc responsable, il faut mettre des verrous.
Et on semble supposer qu’en empêchant les foules de s’emparer d’un contenu qui était à disposition gratuitement, elles se rueront comme un seul homme dans les échoppes.
Il est possible de rester dubitatif quant aux moyens de contrôle. S’il ne fait pas de doute que les Fournisseurs d’Accès Internet (FAI) nationaux joueront avec entrain leur rôle de décodeur d’adresse IP (bien que Free semble jouer les gredins), cela sera sûrement moins aisé lorsque, un jour, le marché sera ouvert à la concurrence. Il sera certes possible de s’entendre entre personnes de bonne intelligence (en conditionnant l’accès au territoire du service au respect de ce type d’obligation, ce qui pourrait sembler excessif à la lecture de certains traités), mais cela pourrait être plus compliqué que prévu.
Les mesures à mettre en œuvre laissent également songeur. Le mot d’ordre placardé est de lutter contre le Piratage. En réalité, certains pirates vont se voir attrapés comme des garnements. En l’état actuel du texte, ce serait aux ayant-droits de constater le piratage et de recueillir les adresses IP. Après saisine de l’HADOPI, les FAI seraient alors sommés de délivrer les données correspondant à ces identifiants. Bizarrement, je vois mal chaque label indépendant se livrer à la chasse aux sorcières. Se dessinent très nettement dans l’ombre les silhouettes de Pascal Nègre et de ses copains de boulot.
Sur le plan matériel, outre les difficultés de traitement administratif à prévoir au niveau de la Haute Autorité, la suspension de l’accès Internet, mesure phare du dispositif de « réponse graduée » suscite des interrogations. Sans avoir besoin d’invoquer le droit européen, qui semble avoir une opinion différente de celle de notre ministre de la culture sur la valeur de cet accès, les données purement techniques semblent incertaines. Réussir à museler la composante centrale d’une offre « triple-play » sans toucher au reste n’est pas si facile, des investissements vont être nécessaire. Investissements que les opérateurs vont supporter sans en répercuter le coût sur l’abonnement de leurs clients, cela va de soi. Et il faudra veiller à ce que la sanction d’un malandrin n’altère pas la bande passante ailleurs. Je vais peut-être paraître mesquin, mais je sens que certains vont redécouvrir les joies du 56k grâce aux turpitudes de leurs voisins.
Sur la question cruciale des adresses IP, afin d’éviter d’avoir à supporter les conséquences découlant d’une usurpation, il était à un moment question de mettre à la disposition des utilisateurs un logiciel verrouillant le téléchargement, et exonérant ainsi de toute responsabilité en cas de vol. D’accord. Ce joli joujou va-t-il être disponible pour toutes les distributions Linux et les Mac users ? Verrouillera-t-il absolument tous les ports (tiens, ça va être commode pour faire autre chose que naviguer via le port 80) ?
En somme, ce texte est prometteur : sa mise en place va occasionner tellement d’errements que cela en devient presque jubilatoire.
Il est cependant très incomplet. Il faut de toute urgence interdire tous les sites de partage vidéo : pas besoin d’être un monstre en informatique pour en extraire le contenu et le déverser sur les masses impies. Il convient également d’empêcher les artistes de faire leur promotion par le biais de leur site web en mettant des titres en écoute car tout ce qui peut être lu sur une machine peut être récupéré et exploité. Il est enfin nécessaire de supprimer la profession de journaliste : cette engeance dispose de copies des œuvres avant leur sortie officielle et est ainsi responsable de nombre de fuites avant les sorties.
Haut les cœurs ! On ressort les vinyles et les VHS, ça ira beaucoup mieux !
Une heure pour la Terre, c’est pas des (bio)masses
Par Alkayl le lundi, 30 mars 2009, 12:22
Earth Hour. Lors de l’édition de cette année, le 28 mars 2009, il était demandé aux participants d’éteindre leurs appareils électriques et assimilés entre 20h30 et 21h30. De nombreuses collectivités s’étaient quant à elles engagées à couper l’éclairage de leurs monuments pendant cette durée. Au final, ce mirobolant effort s’est traduit par une diminution de 1 % de la consommation, au regard de ce qui est dépensé habituellement.
Alors, certes, c’est déjà ça de gagné. Cela permettra sans doute de gagner quelques minutes avant l’épuisement final des ressources. Juste le temps de se dire : « Tiens, tant qu’on avait les ressources, on aurait dû investir dans les énergies renouvelables, par ce que là, on n’a vraiment plus rien, va falloir réapprendre à chasser l’ours… Bah, c’est bizarre, ils sont où, les ours ? ».
Il faut reconnaître que, comme toutes les initiatives émanant de sales hippies à cheveux longs qui mangent des cailloux, la médiatisation a été minimale. Quelques brèves dans les journaux télévisés le jour même, et hop ! Les bonnes âmes qui n’avaient pas gâché leur temps sur les réseaux sociaux en étaient pour leurs frais. Difficile de s’organiser en urgence dans certains cas. Et je me doute que certains auraient eu du mal à effectuer leurs instances à la lueur de la bougie.
Pour autant, cette explication est-elle suffisante ? L’obscurité, accompagnée de son ami le silence, a cette fâcheuse faculté de susciter la réflexion chez Homo Sapiens. Bien trop dangereux par les temps qui courent. Elle génère également l’anxiété. Cette rupture avec la lueur réconfortante des habitudes a de quoi surprendre. Le fait de se retrouver plongé dans le noir en pleine soirée, à dîner et siroter du vin rouge avec son prochain ne laisse la place qu’à l’échange avec ce dernier, sans pouvoir se dissimuler ou se laisser porter par autre chose. Effrayant non ?
La vue de toutes ces lumières allumées, souvent en vain, pose la question : est-ce là une simple habitude ? Ou la certitude diffuse que tout est déjà plié à l’avance et que cela ne sert à rien d’essayer d’économiser quoi que ce soit ? Après tout, si tout est fichu ici, on ira voir ailleurs. On est déjà bien allé sur la Lune alors.
Bizarrement, j’ai beau être passionné par l’espace et très intrigué par les exo-planètes, j’ai quand même envie de garder la nôtre. Il y a des trucs intéressants. Et puis, comme dit le poète sénégalais : « C’est beau une ville la nuit », autant le vérifier de temps à autres.
« billets précédents - page 1 de 2